Article mis en avant

Soudure critique – épisode deux.

Le haut-parleur sous-marin devait être révisé, prêt à être plongé dans l’océan indien, prêt à diffuser des sons de basson, prêt pour les sons litaniques, les sons apnéistes.

Prêt à appeler les baleines.

Seulement voilà, une fois pluggé.

Rien. Mais alors rien de rien. Même pas un petit crachat que l’on entendrait à peine en posant son oreille tout contre le haut-parleur sous-marin. Pire que dans l’épisode précédent. Rien qui ne puisse faire signe à une baleine à bosse dont la trachée à elle seule fait quelque chose comme un mètre vingt. Ce n’est toujours pas le moment de parler de la cage thoracique d’un grand mammifère marin. Fichtre. Cette fois-ci, je n’appelle même pas le revendeur agréé de Montpellier. Je file chez Didier, de Fotolec, dans un recoin de Saint-Denis. Il n’est plus question de bypasser le transformateur usé.

Cette fois-ci c’est la fin. Le circuit intégré, celui qui transforme le son vers le haut-parleur, celui qui amplifie le son. Le fameux TDA 1562Q. A pété. Comme on dit ici pour le volcan. Le volcan la pété. Le circuit la pété. L’ampli la pété. Pour moi, c’est pareil. La entièrement pété.

Et pas l’ombre d’un circuit TDA 1562Q sur toute l’Ile. Il faut «attendre le retour de Gonthier », vers le 7 aout.

Ca a pété donc. Pété, pété, pété. Je tourne en rond dans la boutique de Didier. Au milieu des système son pour soirées piscines et barbecues. Pour les dimanches pique-nique. Une tradition extrêmement ancrée de la Réunion.

La pété. Elle a envie de tout péter.

Il me reste les hydrophones, de quoi faire des prises de son aquatiques de baleines. Mais plus de haut-parleur sous-marin. Je me dis que j’aurais du temps à perdre, beaucoup de temps à perdre, que je pourrais enfin passer des dimanches pique-nique dans des lieux sublimes de l’Ile. Peaufiner ma recette du rougail saucisse au feux de bois en écoutant Nathalie Natiembé sur un système son de Didier. Je redeviens terrienne. Peut-être même j’inviterais Didier et sa femme pour les remercier, pour la douceur, pour l’attention, pour la rapidité, la finesse des soudures. Pour l’écoute. Il faudra vraiment travailler la recette du rougail saucisse.

La pété. Je redeviens terrienne, j’ai du rougail saucisse dans la tête. Je me pose sur un gigantesque flycase. Je ferme les yeux.

Je pense à Roald Amundsen. Mon marin. Celui qui découvre le pole nord, celui qui découvre le pole sud. Celui qui traverse le Passage du Nord-Ouest pour la première fois en 1906. Je pense à son rapport au progrès, à la technique, à la navigation. Alors que le grand siècle bât son plein et avec lui l’industrie. Il part avec un petit bateau, quelque aguerris, un ridicule moteur et il franchit le Passage du Nord-Ouest pour la première fois. Il lui faudra trois ans. Pas en tournant le dos aux techniques qui s’imposent ça et là. Mais en s’appuyant sur celles et ceux qui demanderont d’être appelés plus tard les inuit. Pas en regardant de loin depuis le pont d’un voilier des kayaks et des baleiniers, mais en accueillant à bord un marin groenlandais. Pas en relatant des rencontres improbables, mais en s’arrêtant deux années durant, dans une baie, pour apprendre, pour écouter, pour sédimenter. Et y laisser des traces génétiques. Il n’y pas plus de norvégien ou d’inuit, il y a des métisses.

Je me pose sur un flycase chez Didier, soudeur précis. Je pense rougail saucisse et pique-nique. Amplificateur et haut-parleur sous-marin. Didier a entendu mon silence. Il ne dit pas un mot, il prend une « boom-box-waterproof-12 volt », spécialement conçue pour être autonome une journée pluvieuse de pique-nique réunionnais. Et Didier dit : « Tu vois là, je pourrais installer une prise speakon pour brancher ton haut-parleur-sous-marin, et puis là un interrupteur comme ça tu pourrais choisir d’envoyer le son à la surface sur le bateau, ou dans l’eau. »

Et une heure plus tard. Didier me fait une réduction sur le prix de la boum-box. Et oublie de se faire payer pour les conseils, la main d’œuvre, l’expertise, le soutien. Aujourd’hui pour moi, Didier est devenu Roald Amundsen.

Par Aline Pénitot

Note : penser à peaufiner la recette du rougail saucisse pour Didier et sa femme.

La réponse de la baleine à bosse / A domicile – Trois concerts à la Réunion au plus proche des tréfonds de l’océan indien.

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Peut-être qu’elles sont là, à l’en-bas dans les fonds, de la Grande Chaloupe à Saint-Leu sur la côte ouest de la Réunion. Discrètes, rares, elles remontent au nord, vers une ultime halte à Sainte-Marie Madagascar ou piquent déjà vers le sud, le très grand sud austral pour retrouver les zones de nourrissage de l’Antarctique. En attendant, Sophie Bernado, Céline Granger et moi-même allons tenter de raconter cette aventure qui a démarré en 2012. Brice Noroy va nous rejoindre peu à peu. Nous relaterons l’exploration d’une écoute inter-espèce, d’une rencontre si singulière, de deux moments d’échanges bouleversants qui se sont passés pendant l’hivers austral 2018. Nous serons en bordure de l’océan indien qui charrie en lui-même tant de peuples, d’espèces, de courants si diverses. Ce sera avec une très grande simplicité, une recherche constante d’écoute et de dignité et sans doute beaucoup d’émotion que nous jouons La Réponse de la baleine à bosse (Gratuit) :

  • Samedi 14 septembre, 19H30, Cité des Arts de Saint Denis, Le Fanal, sur réservation, au 02 62 92 09 90 ou billetterie@citedesarts.re (A 18h30, vernissage de l’exposition Résidences, A 21h concert de Ribongia, DJ Australien et Babani Records, deux bidouilleurs performeurs de l’Ile Maurice),
  • Jeudi 19 septembre, Musée Stella Matutina, 19h, sur les terrasses du Musée face à la Baie de Saint Leu pour une amorce de relations terre-mer,
  • Samedi 21 septembre, D2-Kabardock, 19h30 entre le terminal sucrier et la darse militaire, sur réservation au 02 62 54 05 40 ou artistique@kabardock.com , pour les journées patrimoines au beau milieu de l’histoire d’un port et des baleines gigantesques de GorgOne.

Photo : Alex Voyer

Par milliards inavoués

Williams Heathcote, Des baleines, Aubier, 1988

Par milliards inavoués :

Pour les combustibles,

La lumière – les lampes

Et les chandelles, pour changer la nuit en jour ;

Les appareils des ateliers

Et des usines,

Pour l’éclairage domestique ;

Pour l’éclairage des rues ;

Pour l’éclairage des boutiques ;

Pour les tiges flexibles des ressorts de montres, de parapluie, des jouets et des capitons,

Et même pour les ressorts de la première machine à écrire…

[…]

Pour que le savon retourne, mélangé de crasse, à la mer ;

Pour la margarine ;

Pour la glycérine du rouge à lèvres, et le monde désoeuvré et fantasque des esthéticiennes ;

Pour les détergents dont la mousse a créé la publicité moderne ;

Pour la glycérine de la nitroglycérine, pour faire un trou dans le troupeau humain ;

Pour les brosses et les balais ;

Pour le linoléum ;

Pour les trousses médicales ;

Pour le cuir ;

Pour les peaux des saucisses ;

Pour la peau des tambours ;

Pour les poignées d’épées et de poignards ;

Pour les lacets ;

Pour les points de sutures ;

Pour les cordes des raquettes de tennis ;

 

Pour les cravates ;

Pour les jeux d’échec ;

Pour les boutons ;

Pour le tannage ;

Pour les pigments des peintures ;

Pour les bâtons de fart ;

Pour les refroidisseurs ;

Pour les sacs de golf ;

Pour les vernis ;

Pour le parchemin ;

Pour les encres à imprimer ;

Pour les insecticides ;

Pour le calcium du blanc d’Espagne, et le purification militaire ;

Pour le calcium de l’engrais, pour hâter la gestation de la terre ;

 

Pour l’industrie du jute ;

Pour l’industrie de la laine ;

Pour l’industrie des chaussures ;

Pour l’industrie du coton ;

Pour tremper l’acier…

[…]

Pour la peinture ;

Pour les crèmes de beauté ;

Pour les bouillons-cubes ;

Pour les barrières du bétails ;

Pour les jetons de mah-jong ;

Pour la teinture d’iode ;

Pour les hormones endocrines destinées à ceux que l’arthrite raidit ;

Pour l’huile de foie de morue et les vitamines pour traiter ceux qui sont affaiblis ;

Pour l’insuline du pancréas pour traiter ceux dont le sang est trop sucré ;

Pour la couche de gélatine des pellicules photographiques ;

Grâces auxquelles nous nous voyons comme nous nous voyons, sans relâche ;

Pour la gélatine des capsules transparentes des pilulles ;

Pour la gélatine des gelées ;

Pour la gélatine de la colle ;

Pour els corsets et les gousses et les buscs et les cache-corsets ;

Et la corsetterie sculturale, mettant en valeur la poitrine et les hanches ;

L’attirail esthétique, fondement sensuel

 

De l’édification des empires ;

Pour appâter les poissons ;

Pour nourrir le bétail ;

Pour élever les animaux à fourrure ;

Pour nourrir les chiens ;

Pour nourrir les chats ;

 

Pour la fermentation nécessaire à la fabrication des antibiotiques ;

Pour huiler les systèmes de transmission automatique des automobiles ;

Pour l’antigel ;

Pour les graisses à basse calories ;

Pour les corps gras du pain, de la pâtisserie, des gâteaux ;

Pour les traitements capillaires ;

Pour les essences de bain ;

Pour les biftecks, tranches de sashimi et yamotami mariné ;

Pour le kujira et la soupe obayuki ;

Pour les rissoles de viande de baleine ;

Pour le ragoût de baleine ;

Pour les tuyaux, les touches de piano, les broches, les boutons de manchette ;

 

Pour les fume-cigarettes ;

Pour les cornes des chaussures ;

Pour plastifier ;

Pour les cannes à pêche ;

Pour l’huile à machine…

Pour l’ambre gris, qu’on brûle dans les cérémonies religieuses

Pour se mettre en odeur de sainteté ;

Pour les produits de beauté, pour se mettre en odeur de bon voisinage.

Des baleines fraiches ! Mines Sonores – 15 septembre – journée du ma·patrimoine

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Photo : © Alex Voyer

L’équipe de la baleine à bosse au grand complet pour Mines Sonores / Station balnéaire organisé par le collectif Mu et Omni-Out.  Samedi 15 septembre – 18H30 – Paris – Gare des mines. Toutes les infos ici  Et autres sororités balnéaires avec le réseau Fair_Play.

Quel rapport entre la prosodie des chants des baleines et le timbre du basson ? La compositrice Aline Pénitot jette l’ancre à la Station pour faire le point sur les dernières recherches et expériences en compagnie d’Olivier Adam bioacousticien, Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, spécialiste des cétacés.

Une tentative de dialogue / Concert scientifique / 1h30
Où l’on découvre un scientifique drolatique et ses dernières recherches sur les chants de baleines. Leurs vocalises nous plongent dans une écoute immersive particulière au milieu d’une couronne de haut-parleurs. A moins que ce ne soit à l’interview d’un chasseur inuit ou des paysages sonores du Groenland. Surgit la Litany for the Whale de John Cage, une seule question, des dizaines réponses possibles. D’étranges similitudes entre les chants de baleines à bosse et le basson apparaissent en nous emmène dans une plongée en apnée en eaux profondes.

Avec Aline Pénitot (compositrice électroacoustique), Olivier Adam (bioacousticien, professeur des universités), Sophie Bernado (bassoniste), Céline Grangey (ingénieure du son).
Partenaires : Why Note, Diagonale Paris-Saclay, Laboratoire Lutherie Acoustique Musique Sorbonne Universtié, Lieu Multiple, Césaré, Dicréam-CNC, SCAM.

De grandes nomades, des grandes nageuses, de grandes questions

Les baleines à bosse sont célèbres pour au moins 3 choses : leurs spectaculaires sauts au-dessus de la surface, leurs chants et leurs routes migratoires. Pour aller des zones d’alimentation aux zones de reproduction, elles peuvent parcourir 5000, 6000, 7000 voire 8000 km. Même si ces routes ont permis de proposer 3 sous-espèces de baleines à bosse, elles restent encore un mystère, en particulier comment font elles pour se repérer ? En profitent-elles pour se mélanger génétiquement (une baleine femelle photographiée au Brésil a été également photographiée à Madagascar) ? D’autre part, nos études ont montré qu’elles restaient très actives même pendant les périodes de reproduction avec des distances parcourues de 100 km par jour.

Par Olivier Adam

Photo : @Alex Voyer

Le son d’une rencontre nocturne – Ecoute 1

Quelque part au large de Saint Gilles, dans la nuit du 1er au 2 aout.

(Extrait d’un enregistrement de 50 minutes.)

La nuit – La raison n’est pas connue à ce jour

Les baleines mâles chantent plus la nuit

Au cours des saisons de reproduction, les mâles entament des chants. Ils correspondent à des successions répétées d’unités sonores différentes émises dans un certain ordre. Ces vocalises peuvent avoir plusieurs fonctions, comme attirer les femelles, délimiter les territoires ou se localiser les uns les autres. Les mâles peuvent chanter dans une position typique, la tête vers le bas, et sur plusieurs heures, voire plusieurs jours. Différentes études ont montré que l’activité sonore était plus intense la nuit que le jour. La raison n’est pas connue à ce jour.

Par Olivier Adam

Photo : @Alex Voyer / Apnéiste : Marianne Aventurier

Le premier échange, assis au fond du bateau.

À un moment, Marion Ovize, Bertrand Denis et moi-même sommes rentrés au port.
La mer du vent se bat contre la houle.
La coque grince. Pourtant Bertrand accélère pour retrouver ses obligations terriennes.
Le bateau tape et l’on se demande si l’étrave va résister aux chocs. Nous tentons de plaisanter, de mettre une distance. Mais avec quoi ?

Peut-être que nous ne parlons de nous, de ce qu’il venait de se passer, de ce que nous avions entendu, vécu, vécu ensemble sur le petit rafiot d’Abyss, l’association d’observation des cétacés. Un choc. Nous n’avons pas résisté. Là bas au bout de la baie de Saint-Paul, nous nous sommes effondrés au fond du bateau.

À un moment, pendant ce retour chaotique, nous avons imaginé que le bateau allait se couper en deux, que tout notre matériel, nos microphones aquatiques et le haut-parleur aquatique, les enregistreurs, les cartes mémoires allaient être engloutis. Et avec eux les preuves de ce que ne nous n’avions entendu, vécu, vécu ensemble que le petit rafiot d’Abyss.

Alors tout est devenu matériel dans notre discussion.
Parce que là-bas, tout au bout de la baie de Saint-Paul, le réel avait ouvert une brèche.
Point d’écoute après point d’écoute.

Le premier au « point focal » au centre d’une baie parfaite, caisse de résonance des ébats amoureux baleiniers, des parades vocales des baleines chanteuses mâles. Nous ne voyons aucun dos, aucun souffle, pourtant, à l’écoute des microphones aquatiques, elles semblent très nombreuses dans les abysses.

Le second non loin d’un canyon sous-marin. Et là, force est de constater le jeu des échos ou le jeu avec les échos. Elles jouent de la réverbération des fonds marins comme elles pourraient le faire d’une cathédrale.
Le troisième au droit du canyon, tout près de la côte. Les chants surgissent à plein dans les casques. Nous ne savons apprécier la distance.
Est-ce qu’elles sont loin ?
Est-ce qu’elles sont sous le bateau ?
Sachant que le son dans l’eau se propage quatre fois plus vite que dans l’air et que ce que nous pourrions appeler des cordes vocales de 1,60 m. Olivier Adam a pris soin qualifier ces cordes vocales qui n’en sont pas ; ce sont des plis vocaux cartilagineux appelés aryténoïdes.

Après une prise de son d’une bonne demi-heure, je sors le haut-parleur aquatique.

Pour la première fois.

Et diffuse la Litany for the Whale de John Cage. Doucement. Avec un volume faible.
Une série de questions, réponses, silences.
De cette Litany, elles n’en ont rien à faire.

Comme elles n’ont rien à faire des bruits de bateau qui passent. Les chants restent les mêmes. Le phrasé change parfois. Mais aucun échange avec la Litany for the Whale. Juste une prise de son étonnante, où parfois les silences des unes semblent s’accorder au silence des autres.

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Alors je diffuse des sons pulsés, des grognements, des plaintes, des éclats de sons de baleines imités au basson. Et là, quelque chose se passe. Impossible de savoir comment tant l’émotion nous submerge. Le scientifique me dira de répéter un type de son. Ce sera son travail. Je vois déjà un développement qui se dessine. Je joue sur une combinaison de trois sons, puis cinq puis plus. Raréfie. Accumule. Les chants changent. Ils semblent s’acclimater. Varier. Jouer et répondre aux miens. Je n’ai pas de doute mais je n’ai pas la matière pour réagir au niveau de ce qu’elles proposent.

Nous jouons pendant une bonne heure.
Et puis un bateau passe, venant troubler la prise de son. Les baleines elles n’en ont rien à faire de ce bateau qui passe.

Pourtant, je fais silence.
Le chant reprend peu à peu sa forme d’origine.

Alors, comme pour se séparer dans la plus grande douceur.
Pour remercier.
Je diffuse Ondas Do Mar de Vigo, un cantigas de amigos de Martin Codax, un chant très ancien. Un chant galicien du 12e siècle. Une adresse a l’ami parti au large depuis le Finistère espagnole. Je pense aussi aux litanies des femmes d’Ouessant, chantées dans la solitude alors que l’amoureux est au large.

Et ce ne sont plus des unités sonores variées qui s’accumulent dans les chants de baleines, mais de très longs râles, qui se mêlent harmonieusement au chant très ancien. À ce moment-là, Marion Ovize, Bertrand Denis et moi-même, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. Nous sommes incapables d’échanger. Les jambes ne nous portent plus dans le roulis du rafiot. Marion tourne la tête vers l’horizon et Bertrand se cache pour pleurer.

Assis au fond du bateau.
Dans le silence.
Les râles semblent très affirmés.

Les râles semblent amoureux.

Mais nous ne sommes que des humains·e·s, nous n’en savons rien.

Nous n’en savons vraiment rien.

Par Aline Pénitot

Photo : @Alex Voyer / Apnéiste : Arthur Guerin Boëri