Archives pour la catégorie Traces (2012-2018)

Rémoras, John Cage et haut-parleur. — Aline Pénitot

Quand deux rémoras, poisson-requin parasites, s’acclimatent au silence d’une composition de John Cage. Lundi 26 juin 2017 – Réunion C’était hier et déjà les impressions se recomposent. Des impressions en aller-retour qui buttent à toute chronologie. A chaque déroulement de la pensée, elle repart en arrière et scrute une explication dans les détails. Qu’est-ce qu’il […]

via Rémoras, John Cage et haut-parleur. — Aline Pénitot

Circulaire – relecture queer de Moby Dick

Reviens d’un repérage magnifique dans un ancien couvent dominicain. Reviens extrêmement troublée d’une relecture queer de Moby Dick par Camille de Toledo et comprends enfin ce que je cherche dans la composition circulaire de réponse de la baleine à bosse. Et ce qu’il y a de vertigineux dans le fait de jouer cette pièce faite de chants de baleine dans la nef d’une église à la fois en multicanal et en multidiffusion sur une couronne d’enceintes (couronne d’enceintes dans l’enceinte, vertige encore). Une église désacralisée certe, mais le sacre se serait juste niché ailleurs. Fais enfin le lien entre la Litany for the whale de Cage et le sacre (circulaire quand il devient morbide) de Stravinsky (le sacre-ifice d’une adolescente). Celui avec Debussy embrassant (en aval de Victor Segalen et en amont de Glissant comme seule la musique peut le faire) tout ce qui serait le mouvant et le trouble. Pour s’en remettre, va boire un verre-vertical de vieux rhum vieilli dans les antilles en fut de chêne (de bourgogne), construit par un menuisier-charpentier comme la voute de la nef d’une église, la coque d’un bateau, le corps d’un théâtre ou l’armature d’un cercueil. Celui de Queequeg par exemple, qu’il commande avec précision à un charpentier de marine et sur lequel il fait reproduire ses tatouages. Conclusion : penser à tatouer l’enceinte de l’église dans laquelle sera projetée la réponse de la baleine à bosse de manière circulaire. Tu me suis ? Tant mieux. Tu ne me suis pas ? Je reprends pas à pas. A un moment, il sera aussi question de projections, de directions, de tenir un cap. Mais pour le moment, il est question de circulation.

18 janvier, après une visite du Centre culturel de rencontres, les Dominicains, co-producteur de nos histoires baleinières.

Invités par Daniel Fievet pour Le temps d’un bivouac sur France Inter 1er aout 2016

Au début du mois de juillet 2016, dans l’après-midi, heure de Paris, au petit matin heure de New-York.

Olivier Adam se réveille, quelques part non loin de New-York, prend son téléphone et nous appelle. Anne-Sophie Ladone est derrière la vitre, avec l’aide du technicien, elle ajuste le son du téléphone d’Oliver et le balance dans nos casques.  Daniel Fiévet est dans le studio 621 de Radio France, il me tend une gourde d’eau fraiche, il se place derrière le micro jaune.

Nous sommes reliés, l’émission peut commencer.

J’ai pris avec moi Le passage du nord-ouest de Roald Amundsen. Je sais que je ne vais pas l’ouvrir, mais j’ai besoin du poids de ce livre. J’essaie de me décontracter en pensant de Roald Dahl a emprunté son prénom à Amundsen.

Et qu’il y a quelque chose de très enfantin dans ce que nous faisons, de fantastique aussi. Nous sommes relié de part et d’autre de l’Atlantique et nous allons convoqué les baleines sur les ondes de la radio française.

Le temps d’un bivouac, émission de Daniel Fievet pour France Inter

1er aout 2016, l’émission est diffusée alors que je suis en road trip en van avec Laurie Peschier-Pimont, nous sommes à la recherche de la vague de Maria Pita non loin du cap Finsterre.